HTA, AVC et vaccins contre le pneumocoque : les actualités à ne pas manquer cette semaine

Actualités | Publié le 03/08/2026

Hypertension artérielle : l'adhérence thérapeutique, levier central de la prévention des complications cardiovasculaires

Première maladie chronique en France avec 17 millions de patients concernés — dont près de 6 millions s'ignorent —, l'HTA reste sous-dépistée en raison de son caractère le plus souvent asymptomatique (moins de 10 % de formes symptomatiques). Le diagnostic repose sur une PA ≥ 140/90 mmHg en consultation ou ≥ 135/85 mmHg en automesure, confirmée à distance ou hors cabinet pour écarter l'effet blouse blanche. Non contrôlée, l'HTA expose à un spectre de complications organo-spécifiques majeurs : AVC, démence vasculaire et maladie d'Alzheimer, insuffisance coronarienne, insuffisance cardiaque et néphropathie hypertensive évolutive vers la dialyse. L'enjeu principal en médecine générale demeure l'observance au long cours, compromise par l'absence de symptômes ressentis ; la consultation d'annonce structurée, le recours à l'automesure tensionnelle comme outil éducatif, la simplification du schéma thérapeutique et la gestion proactive des effets indésirables constituent les leviers pratiques prioritaires pour sécuriser l'adhérence et atteindre les objectifs tensionnels.

HTA : optimiser la prise en charge

Risque vasculaire cérébral et dérèglement climatique

Une déclaration scientifique de la World Stroke Organization, publiée dans l'International Journal of Stroke (Pr Anna Ranta, Université d'Otago, avril 2026), établit que les facteurs environnementaux liés au changement climatique — chaleurs extrêmes, variabilité thermique brutale, modifications de pression barométrique et d'hygrométrie, fumées d'incendies de forêt et tempêtes de particules — exercent un effet physiopathologique documenté sur le risque d'AVC ischémique et de mortalité cérébrovasculaire. Plus de 20 % des AVC mondiaux sont déjà imputables à la pollution atmosphérique, un fardeau appelé à s'alourdir sous l'effet du dérèglement climatique. En pratique, les auteurs recommandent l'intégration d'alertes climatiques dans les systèmes d'information hospitaliers et appellent à une coopération interdisciplinaire renforcée entre services d'urgence, météorologues et urbanistes. Pour le praticien, ces données invitent à renforcer la vigilance vasculaire lors des épisodes climatiques extrêmes, en particulier chez les patients cumulant des facteurs de risque cardiovasculaire.

Vaccination antipneumococcique : la HAS actualise la stratégie et recommande le VPC20 (PREVENAR 20) chez l'enfant et le VPC21 (CAPVAXIVE) chez l'adulte

Dans une recommandation publiée le 30 juillet 2026, la HAS substitue le vaccin 20-valent (VPC20, PREVENAR 20) aux VPC13 et VPC15 dans le calendrier vaccinal du nourrisson dès 6 semaines selon un schéma 3+1 (2, 4, 6 mois + rappel à 11 mois), offrant une couverture contre 41 % des infections invasives à pneumocoque (IIP) pédiatriques contre 18 % pour les vaccins précédemment recommandés. Chez l'adulte à risque et les 65 ans et plus, le VPC21 (CAPVAXIVE, dose unique) est désormais recommandé préférentiellement au VPC20, avec une couverture atteignant 84 % des IIP dans cette tranche d'âge contre 63 % pour son prédécesseur. En cas de primovaccination initiée avec un VPC13 ou VPC15, la HAS recommande de poursuivre avec le VPC20 ; aucun schéma séquentiel associant VPC20 et VPC21 n'ayant à ce jour été évalué, leur association reste déconseillée. La prise en charge du VPC20 chez l'enfant par l'Assurance maladie est suspendue à la parution d'un arrêté ministériel au Journal officiel.